Les cours du pétrole en hausse

Les cours du pétrole ont terminé en hausse mardi, dans un contexte ou les experts s’interrogent sur le cap choisi par les plus grands fournisseurs d’or noir au monde, en particulier au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé à 75,38 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 9 cents par rapport à la clôture de lundi.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de juillet a gagné 77 cents pour clôturer à 65,52 dollars. Les cours du brut reculaient pourtant en début de séance, poursuivant leur tendance au repli observée depuis fin mai.
« Les marchés craignent que la production américaine continue d’augmenter et que l’Opep et ses partenaires reprennent leurs extractions dans les prochains mois », ont expliqué les analystes de JBC Energy. L’Arabie saoudite, chef de file de l’Opep, et la Russie mènent une union de 24 pays qui se sont engagés fin 2016 à limiter leur production afin de redresser les prix de l’or noir, un accord dont l’avenir sera décidé lors d’une réunion le 22 juin à Vienne. Ryad et Moscou envisagent désormais d’augmenter les limites de production fixées par cet accord, pour compenser les baisses de production au Venezuela et en Angola ainsi qu’une éventuelle perturbation des exportations iraniennes après la sortie américaine de l’accord sur le nucléaire.
L’agence Bloomberg a rapporté mardi que le gouvernement américain avait demandé à l’Opep d’augmenter sa production d’un million de barils par jour pour éviter une flambée des prix de l’essence.
« L’Arabie saoudite semble bien décidée à faire remonter sa production », a souligné John Kilduff d’Again Capital. « Mais au fur et à mesure que les prix redescendent, je suis persuadé qu’ils vont réviser leurs positions et le marché fait part d’un certain scepticisme » face aux intentions affichées de Ryad, a-t-il estimé.
Autre élément expliquant la remontée des cours du brut, en particulier du WTI, « le Venezuela a apparemment annoncé à des clients que le pays allait devoir diviser par deux les volumes vendus en juin », a relevé le spécialiste.
Selon S&P Global Platts, l’entreprise d’Etat PDVSA, en difficultés, a indiqué à huit clients à qui elle devait livrer 1,495 million de barils par jour (mbj) en juin qu’elle n’allait pas pouvoir respecter ses engagements dans la mesure où elle ne disposait que de 694.000 mbj à exporter.
« Or les raffineries américaines situées le long des côtes du golfe du Mexique dépendent en partie de ce pétrole vénézuélien », a noté M. Kilduff.
Les marchés attendaient par ailleurs la publication mercredi des données hebdomadaires de l’Agence gouvernementale d’information sur l’Energie (EIA).
Pour la semaine achevée le 1er juin, les analystes tablent sur une baisse des stocks de brut de 3 millions de barils mais sur des hausse des réserves d’essence (+500.000 barils) et de ceux d’autres produits distillés (diesel et fioul de chauffage, +811.000 barils), selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg.
En Asie, les cours du pétrole rebondissaient mais restaient fragilisés par les perspectives de voir l’offre mondiale d’or noir augmenter. Vers 03H30 GMT, le baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en juillet, gagnait 42 cents à 65,17 dollars dans les échanges électroniques en Asie.
Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en août, prenait 23 cents, à 75,52 dollars. « Tout revient à l’offre, qu’il s’agisse d’une augmentation de la production par l’Opep ou par les Etats-Unis, tous les chemins débouchent sur une augmentation de l’offre mondiale de brut et les investisseurs tremblent dans leurs bottes », dit Stephen Innes, analyste chez Oanda.

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