Sommet de L’OUA oui, mais…

C’est dans quelques jours que la Mauritanie s’apprête à accueillir le 31ème sommet de l’Union Africaine auquel une quarantaine de chef d’Etat et de gouvernement ont confirmé la participation. Les travaux du deuxième palais des Congrès, qui a coûté au pays les yeux de la tête puisqu’on parle de la bagatelle de vingt milliards MRO (construction et équipements compris) sont presque terminés. Certains bloggeurs, visiblement plus royalistes que le roi, ont commencé à demander on ne sait à quel titre aux Mauritaniens de taire toutes leurs divergences au cours de ce sommet. Dans sa traditionnelle conférence de presse, le ministre porte parole du gouvernement, en réponse à la lettre que Birame Ould Dah a envoyée à Macron, a demandé de ne pas internationaliser les problèmes de la Mauritanie. Il ya quelques jours, d’autres initiatives ont entrepris des actions d’investissement visant à nettoyer certaines avenues de Nouakchott. Les hommes et femmes ayant initié ces actions les inscrivent dans la volonté de participer à l’accueil du trente unième sommet africain. Comment voudrions-nous alors laisser agir sournoisement un gouvernement qui se complaît à violer les droits fondamentaux à travers la répression systématique des marches pacifiques ou les arrestations ou mises sous contrôle judiciaire sans raison d’opposants, de responsables syndicaux ou de journalistes ? A quoi il sert de cacher les inepties d’un gouvernement qui dit une chose et fait son contraire quand ses plus grands responsables vont raconter à l’occasion des rencontres internationales que des mesures ont été prises pour éradiquer l’esclavage ou régler le passif humanitaire alors que sur le plan interne ce même gouvernement se complaît à nier l’esclavage et refuse de prendre des mesures qui aident au règlement des autres questions de fond comme la cohabitation pacifique entre les différentes communautés nationales , la question foncière ou le partage équitable des ressources nationales ou l’égal accès aux hautes fonctions de l’Etat ? Naturellement que tous les citoyens doivent participer activement à créer toutes les conditions favorables d’un séjour agréable à tous les hôtes de marque de la république. Mais il est aussi évident que ces initiateurs occasionnels de si belles choses doivent avoir la même ferveur de mobiliser leurs masses pour demander le respect du peuple et de ses choix à travers une gestion plus transparente de ses ressources et de ses institutions. Cela n’est ni une affaire d’opposition ou de majorité.
La mobilisation contre les détournements systématiques des deniers publics et leur blanchiment, les mauvaises performances des secteurs sociaux, les délestages réguliers, le déficit en eau quasiment dans toutes les villes du pays, l’insécurité ambiante, les scandales répétitifs dans lesquels sont parfois impliqués de très hauts responsables, la détérioration qui va crescendo des conditions de vie des populations, la liquidation ou la fermeture de certaines sociétés nationales, les attributions abusifs de gros marchés à des personnalités dont la relation avec le pouvoir est un secret de polichinelle, la clochardisation de l’institution militaire et sa politisation, l’exacerbation des tensions intercommunautaires et plus encore sont autant de choses qui doivent inspirer ces donneurs de leçons événementiels afin de mobiliser le peuple à demander aux autorités de s’arrêter pour examiner avec tous les acteurs politiques, sociaux, de la presse, personnalités indépendantes et intellectuels des perspectives d’avenir qui puissent éviter au pays les dérives dangereuses dont les ingrédients deviennent de plus en plus perceptibles.
Lecalame

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
50 ⁄ 25 =